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Affichage des articles du 2013

L'effet d'appropriation

La télé, on y joue et on y gagne parfois de gros lots.  Imaginez que vous ayez gagné soit une croisière soit le contenu de la boite mystère.  Que choisirez vous?Rassurez-vous quoi que vous choisirez, vous serez satisfait.  Non pas à cause du contenu de la boite mystère rassurant ou décevant, mais parce que notre système cognitif est biaisé pour nous convaincre que nous faisons toujours les bons choix.
C'est à dire que deux options jugées équivalentes, cessent de l'être dès lors qu'on en choisie une. Cette dernière devient rétroactivement préférable à l'autre.  Nos choix renforcent nos préférences.

Ainsi, lors du jeu télévisé, si au moment de récupérer les billets de la croisière on proposais de prendre la boite mystère contenant assez d'argent pour payer les billets, nous prendrions quand même les billets.

Nous désengager coûte.  Cela explique aussi notre réticence instinctive au changement.  En d'autres termes, "Être conservateur c'est faire des…

La théorie des perspectives

Notes de lecture #26 de "Thinking fast and slow" de Daniel Kahneman, 2011, chapitre 24, Partie 3
C'est au cours de promenades régulières, dans les montagnes Suisses, que Daniel Kahneman et Amos Tversky élaborèrent la théorie des perspectives (marcher semble-t-il fait réfléchir).  Ils discutaient des conditions influençant la prise de risque.  En pensée, ils expérimentèrent plusieurs scénarii de prise de décisions. Ils se rendirent compte que lorsque l'enjeu du pari était présenté sous forme de gain, ils aimaient prendre plus de risque que nécessaire ; et au contraire, lorsque le même pari était énoncé en mettant en avant les pertes, ils prenaient rarement assez de risque.

Une théorie en trois pas Ils modélisèrent la prise de décision en situation incertaine, celons les trois critères suivants: Un point de référence:la perception d'un gain ou d'une perte se fait toujours par rapport à un point de référence.  Le point de référence est souvent le statu quo.  Mais…

L'erreur de Bernouilli

Notes de lecture #25 de "Thinking fast and slow" de Daniel Kahneman, 2011, chapitre 24, Partie 3  Au début des années 70s, Amos Tversky  et  Daniel Kahneman commencèrent à s’intéresser aux hypothèses de la théorie économique. Ils reprirent le travail de Bruno Frey, un économiste Suisse, tout en ayant à l'esprit l'approche  psychophysique de  Gustav Fechner. Avec cette approche, ils étudièrent l'influence de la subjectivité (de la perception) sur la prise de décision économique car les résultats y sont mesurables et quantifiables.

L'historique de la théorie de l'attenteAu XVIIème siècle, un génie des maths que Voltaire trouvait peu philosophe mais très pieux, Daniel Bernoulli, développe la théorie de l'attente morale. Il est le premier à formaliser l'idée qu'une même quantité d'argent peut avoir de multiples utilités.  Il explique que l'attente morale (notre perception de l'utilité de la monnaie) dépend de la quantité d'argent …

Le capitalisme ressucité

Notes de lecture #24 de "Thinking fast and slow" de Daniel Kahneman, 2011, chapitre 24, Partie 3  Que serait le capitalisme  sans l'optimisme des entrepreneurs?
Personne ne lancerait son entreprise, si il n'était pas convaincu de surmonter les obstacles et de faire fortune.  Cependant les statistiques des entreprises qui font faillites en quelques années sont alarmantes. L'optimisme ferait donc partie de notre  héritage génétique. Il est utile pour entreprendre, mais il peut aussi nous empêcher de voir les d'appréhender correctement la cruelle réalité.

Pour garder, les pieds sur terre Daniel Kahneman a conçu un test qui a eu beaucoup de succès à Davos 2011 : le "post moterm test" .  On pourrait le traduit par "le test de la résurrection".


Le test de la résurrection

Il s'agit de demander aux collaborateurs d'un projet d'imaginer sérieusement et personnellement, l'échec du projet et de noter pourquoi il aurait échoué. Ensuite lor…

Le plan des experts

Notes de lecture #23 de "Thinking fast and slow" de Daniel Kahneman, 2011, Partie 3, chapitre 23


Dans les années 80, Daniel Kahneman introduisit des cours sur la prise décision dans les curriculums des écoles de commerces israéliennes.  Il pu convaincre les autorités,  qu'il fallait aider les futurs patrons à rationaliser leurs prises de décisions.



Le curriculum du cours d'ingénierie décisionnelle a été difficile à concevoir malgré l'équipe de spécialistes réunit par Kahneman.  Elle comprenait entre autres un doyen et ami, Seymour Fox, directeur à la retraite de l'ENS israélienne et des collègues de psychologie.
Après quelques mois, Kahneman souhaita évaluer la progression du travail d'équipe.  Il demanda donc aux experts de leurs propres impressions sur l'avancé du projet.  Tous s'accordèrent pour dire qu'ils étaient en bonne voie de réussir et que 2 années suffiraient pour élaborer le curriculum.  

Kahneman qui par habitude se posait plus…

L'intuition à l'épreuve du feu

Notes de lecture du livre "Thinking fast and slow" de Daniel Kahneman, 2011, Partie 3, chapitre 22
Les intuitions raisonnables

Si notre intuition n'est pas meilleure que de simples algorithmes, à quoi sert-elle? Et les experts que racontent-ils ?


Sur ses questions, les psychologues Gary Klein et Daniel Kahneman avaient des positions opposées.  Ils polémiquèrent quelques dizaines d'années pour trouver un compromis raisonnable. 

Pour Klein, les experts ont des intuitions qu'aucun algorithmes ne peut égaler. Elles seraient de nature transcendantale. Pour Kahneman, personne ne peut juger de son propre niveau de confiance et donc l'expertise n'existe pas objectivement.  Un expert serait quelqu'un qui n'a pas conscience de son ignorance et de sa chance lorsque ses prédictions tombent juste. 
Une ancienne question philosophique aborde cette question avec une montre cassée indiquant toujours 13h22.  Lorsqu'on regarde cette montre, comment savoir si il est…

L'intuition à l'épreuve de vin

Notes de lecture du livre "Thinking fast and slow" de Daniel Kahneman, 2011, Partie 3, chapitre 21
Intuitions algorithmiques Daniel Kahneman s'est beaucoup inspiré du travail du psychologue Paul Meehl et notamment de son livre "Clinical vs. Statistical prediction: a theoretical analysis and a review of the evidence". Dans ce livre Meehl rapporte plusieurs expériences où l'expertise humaine est comparée à des algorithmes de prédictions statistiques. Étonnement, ces derniers sont aussi bons, si ce n'est meilleurs, que les jugements des experts. 

A titre d'exemple, il a quelques années, l'économiste de Princeton Orley Ashenfelter utilisa un algorithme basé sur 3 variables objectives: la température moyenne d'une saison, la pluviométrie lors d'une récolte et lors d'un hivers précédent,  pour prédire les prix de vente des vins 10 à 20 ans à l'avance.  Il y arriva efficacement et fit aussi bien,  parfois mieux, que des experts en oenolo…

Dans l'air du temps

Notes de lecture du chapitre 20, du livre "Thinking fast and slow" de Daniel Kahneman, 2011

Nous aimerions bien croire que le monde est prévisible.  D'ailleurs nous sommes nombreux à croire au destin.  Pourtant en y réfléchissant bien, si l'on ne peut prévoir les détails de demain, comment prévoir avec certitude ce qui va arriver après-demain.
Le 20ème chapitre de "Thinking fast and slow" essaye de nous convaincre qu'il est impossible de connaître l'avenir et que nous refuser de croire au destin.
Qui peut dire ce qui va se passer en Israël dans les années à venir?
D'un point de vue scientifique, est prévisible ce qui se reproduit à l'identique. Dans l'absolu cela est impossible même en physique ou en mathématiques car nous ne pouvons pas arrêter ou reproduire le temps, or le temps fait parti de l'expérience. Une même théorie, un même calcul s'effectuera toujours à des heures différentes et dans des cerveaux différent. Cependant en…

Comprendre l'illusion de comprendre

Notre imaginaire est prolifique lorsqu'il s'agit d'expliquer des événements dont nous savons peu de choses car notre cognition associative (Système 1) a moins de contraintes.  Pourtant nous devrions nous retenir d'expliquer ce dont nous ne savons pas grand chose.

Nassim Taleb appelle cette habitude "the Narrative fallacy" car très souvent nous simplifions le monde en  exagérant le rôle que joue l'intelligence ou  la bêtise humaine en oubliant de réaliser notre propre incompréhension et en minimisant l'importance du hasard.  Dire comme Socrate "tout ce que je sais c'est que je ne sais rien" passe souvent pour être idiot et pourtant c'est une attitude des plus rationnelle.



Lorsque nous expliquons les événements du passé, nous oublions que ce que nous ne savions pas.  Notre cerveau ne peux s'empêche d'associer les idées entre-elles et donc ce que nous savons maintenant interfère avec ce que nous savions.  Aussi il est facile d&…

La résistance contre l'occupation coloniale en Région forestière. Guinée 1800 -- 1930

De Jean-Marie Doré
Dans le livre "La résistance contre l'occupation coloniale en Région forestière"de l'ex-premier ministre Guinéen Jean-Marie Doré nous raconte les batailles, les ruses, les alliances, les tactiques et le courage déployés  par les peuples forestiers pour freiner l'invasion de leur territoire par les Français.
Les premiers chapitres retracent l'histoire et les origines des peuples de la zone forestière.  Ainsi, les manon  seraient des descendants des Soumaoro Kanté qui perpétuèrent le prestige du grand roi forgeron malgré sa défaite contre SoundiataKeita.
Les chapitres suivants montrent comment le Liberia a été incapable de jouer son rôle de nation indépendante  et soit disant favorable à la cause des africains.  La jeune nation se déclare maître d'un immense territoire qui comprend toute la zone forestière.  Malheureusement, au lieu de traiter d'égal à égal avec les puissances européennes, le Liberia essaye de les singer et se fait dépo…